La parabole du voilier (Khalil Gibran)
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Nous
sommes faits pour vivre à bord de grands voiliers, dans le souffle du
vent, au rythme des marées. Tout seul, on ne peut conduire un bateau :
il nous faut des amis, beaucoup de matelots. Alors,
je rentre au port, ne sais combien de jours, ne sais combien d’années
resterai exilé. Sur la petite dune, à l’autre bout du port, j’étais
allé m’asseoir; les rumeurs de la ville me frappaient aux oreilles et
je ne savais plus. Je me sentais pareil à l’épave qui roule entre les
bras des algues, la coque fendue qui hurle sur les vagues. |
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Il
m’a dit :
La nuit est belle, le sais-tu? J’ai seulement murmuré : Qui es-tu,
toi Lui,
qui est un peu moi-même mais qui est plus Que ça et qui sais dire
« Je t’aime ». J’ai déjà essuyé de nombreuses tempêtes,
déchiré mes filets, mais je sais que tristesse se change en grande fête
pour celui qui ne cesse un instant d’espérer.
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